Chamonix : un budget offensif pour contrer la crise

Chamonix : un budget offensif pour contrer la crise

La crise sanitaire et ses conséquences ont fortement impacté les recettes municipales. La commune entend maintenir ses investissements en 2021 pour soutenir la relance économique.

Le 22 janvier prochain, le conseil municipal de Chamonix devra voter son budget 2021 dans un contexte fortement marqué par la crise sanitaire et ses conséquences économiques.

Réunis le 3 décembre pour débattre des futures orientations budgétaires, les élus ont pu mesurer l’impact de la crise sur les recettes municipales.

Une forte baisse des recettes

Au 25 novembre, et par rapport à la moyenne des trois dernières années, les estimations présentées par l’adjoint aux finances Yvonick Plaud affichent des baisses de recettes spectaculaires en 2020 :

  • – 995 000 euros pour la taxe des remontées mécaniques,
  • – 724 000 euros pour les droits de mutations,
  • – 146 000 euros pour la taxe sur l’électricité,
  • – 110 000 euros pour les prélèvements sur les jeux du casino.

Sauvé par la clause

Si dans le même temps les recettes des impôts directs (taxe d’habitation, taxes foncières) ont augmenté, ce n’est pas suffisant pour compenser. Et il a bien fallu prendre l’argent quelque part :

« Nous étions partis en 2020 pour disposer d’une capacité de financement en augmentation et finalement nous sommes sur une baisse de 700 000 euros », note Yvonick Plaud.

Enfin, l’Etat a dû mettre la main à la poche pour compenser ces baisses de recettes via une modification de la loi de finances 2020 votée par le parlement :

« La clause de sauvegarde sauve l’année 2020. C’est à noter car seulement 2 500 communes sont éligibles et nous en sommes. Nous avons d’ailleurs reçu un premier acompte aujourd’hui (3 décembre). Nous avons résisté grâce à cette clause de sauvegarde », insiste Yvonick Plaud.

Un scénario modéré

A l’heure de décider des orientations budgétaires pour 2021, il faut forcément anticiper les conséquences d’une crise qui se prolonge. D’autant que la fermeture des remontées mécaniques est toujours maintenue :

« En ce qui concerne la taxe des remontées mécaniques nous sommes sur l’hypothèse d’une baisse de 50 % sur le premier trimestre 2021 », note Yvonick Plaud.

L’adjoint aux finances et son équipe ont planché sur trois scénarii pour préparer le budget 2021 :

« Un scénario optimiste qui prend en compte un troisième confinement. Un scénario modéré bâti sur l’hypothèse d’un hiver neigeux et sans l’obtention d’une clause de sauvegarde. Un troisième scénario qui s’appuie sur une reprise rapide dès le début de l’année. Nous avons finalement choisi de retenir le scénario modéré… car nous sommes des modérés. »

D’ici le vote du budget le 22 janvier, la commission des finances devra tout de même opérer quelque choix. A ce stade, le projet de budget affiche une capacité d’autofinancement de 300 000 euros (contre 2 millions annoncés en 2020) mais :

« L’objectif est d’atteindre 500 000 euros donc il faudra gratter 200 000 euros sur les charges », note l’adjoint.

Investir pour relancer

En tout cas, la commune affiche clairement sa volonté de maintenir son niveau d’investissement (sans augmentation des taux de fiscalité). En 2020, Chamonix a investi environ 9,4 millions d’euros; si le projet de budget 2021 affiche 7 millions d’investissements, il devrait être revu à la hausse :

« L’objectif est de le porter à 9 millions pour jouer notre rôle dans la relance. On doit donner un message d’espoir à tout le monde; on doit être déterminé », insiste Yvonick Plaud.

Le maire Eric Fournier est sur la même tonalité lorsqu’il évoque les priorités d’investissements pour 2021 :

« La relance de l’activité va beaucoup reposer sur la commande publique. On va faire le pari de l’investissement en maintenant nos priorités : les travaux d’amélioration énergétique, le logement et le service à la population. Nous devrons imaginer des montages financiers innovants, travailler sur des éléments de portage en lien avec les compétences communautaires; dans le domaine culturel, par exemple. »

Julien Berrier

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