Megève : tous mobilisés contre la fermeture des remontées mécaniques

Megève : tous mobilisés contre la fermeture des remontées mécaniques

« Déception et incompréhension ». Tel était le cri de ralliement des manifestants qui ont répondu à l’appel de l’association des commerçants ce lundi 30 novembre. Objectif : dénoncer les conséquences de la fermeture des remontées mécaniques ordonnée par le gouvernement.

Des sanglots dans la voix, la présidente de l’association des commerçants de Megève Marie Bauduin lance un « cri du coeur » :

« Nous ne sommes pas des irresponsables ! Nous ne souhaitons pas mettre en danger notre vie et celle de nos visiteurs. Mais nous avons besoin de comprendre ce qui empêche à ce jour l’ouverture des remontées mécaniques. Pourquoi les restaurateurs sont si mal traités ? Et les hôteliers ? Comment peuvent-ils travailler sans pouvoir proposer de restauration ? Pourquoi fixer une date aussi lointaine que le 21 janvier ? Nous sommes prêts à faire tous les efforts ! Qu’on nous dise ce qu’il faut faire ! »

Face à elle, peut-être trois cents acteurs du tourisme hivernal mégevan se sont réunis pour exprimer leur angoisse et leur incompréhension face à la décision du gouvernement d’interdire l’ouverture des remontées mécaniques jusqu’en janvier.

« Le droit au travail »

Dans la foule tous les secteurs sont représentés. Moniteur à l’ESF, Stéphane explique :

« Je suis venu revendiquer le droit au travail. Aujourd’hui, la situation est compliquée; et nous ne sommes qu’une corporation parmi d’autres. En tout cas, je préfère mourir de la COVID que de mourir de faim ! »

Anciens moniteurs, désormais retraités, Jean-Pierre et Roland sont venus « défendre les jeunes »:

« On a des enfants qui travaillent dans le ski et, ici, tout le monde travaille avec le ski. Il y a beaucoup de travailleurs indépendants qui vont avoir une misère, les saisonniers… Cela touche un maximum de monde; c’est important. »

William et Florence.

Gilet jaune sur le dos, William est venu accompagné de Florence. Tous les deux sont saisonniers à Megève : lui conduit la navette du village; elle travaille dans la restauration.

« Déjà, j’ai fini le 16 mars plutôt que le 15 avril. Et là, j’aurais dû commencer à travailler le 15 décembre. Pour l’instant, on a que le chômage comme perspective. Mon patron évoque la possibilité de me faire un contrat pour que je sois ensuite au chômage partiel », explique Florence.

Et pendant ce temps, les frais courent. William résume la situation :

« On se serre à fond la ceinture. »

Emmanuel Renaut comme porte-parole

Les restaurateurs aussi sont là avec comme porte-parole Emmanuel Renaut, patron étoilé de l’hôtel-restaurant « Les Flocons de sel » :

Aussi exploitante d’une boutique de location de ski, Marie Bauduin résume la position des professionnels de Megève :

« Les aides sont tellement conditionnées que les trois quarts des commerçants ne les ont pas touchées. Le gouvernement me dit aujourd’hui d’embaucher le même nombre de saisonniers mais le chômage partiel, il faut que je l’avance, que je paie les congés payés, que je les loge… Pour l’instant, j’en ai embauché un seul pour pouvoir faire une mise en place et parce que c’était important pour son avenir. Et puis le matériel que j’ai commandé ? C’est l’Etat qui va payer ? Si on n’ouvre pas avant le 21 janvier, comment faire ? »

A la tribune, la maire de Megève Catherine Jullien-Brèches a promis d’apporter toute l’aide possible aux professionnels de la commune :

Julien Berrier

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