Sallanches : la mairie lance les représailles contre la direction de Dynastar

Sallanches : la mairie lance les représailles contre la direction de Dynastar

L’accord sur les conditions de départ des 61 salariés licenciés de Dynastar, doit être signé aujourd’hui, jeudi 26 novembre 2020. Un plan de licenciement qui déplaît fortement à la mairie. Les représailles sont lancées…

Après des semaines de négociations, l’accord sur les conditions de départ des 61 salariés licenciés (sur un effectif de 124) de Dynastar, doit être signé ce jeudi 26 novembre. Les représentants des salariés ont en partie eu gain de cause puisqu’ils ont obtenu la prime supra-légale qu’ils réclamaient. Au-delà de ces obligations légales (plan de reclassement), la direction du groupe devrait accorder un montant de 600 euros par année d’ancienneté aux salariés licenciés… sauf que ces conditions ne s’appliqueront pas pour tous les employés.

« Du mauvais côté »

Employé du groupe Dynastar/Rossignol depuis 35 ans, le conseiller municipal Christophe Jodar a été invité à s’exprimer sur la situation par le maire Georges Morand à l’occasion du conseil municipal du mercredi 25 novembre :

« Ces conditions s’appliquent uniquement pour les salariés sous contrat avec l’entité Dynastar. Pour les salariés sous contrat Rossignol, ce ne sera pas le cas. C’est la prime légale minimum qui nous sera accordée. Les représentants des salariés ont très bien négocié mais je me trouve du mauvais côté. »

Sur les 124 salariés, 14 sont dans la même situation que Christophe Jodar. Celui-ci ne cachait pas son amertume :

« Financièrement, cela représente une différence importante… J’ai dit à nos représentants de ne pas signer l’accord dans ces conditions, mais bon… »

Représailles

Révolté par ce plan de licenciement, le maire Georges Morand a annoncé une révision du plan local d’urbanisme (PLU), qui permettra entre autres à la commune, d’exercer des représailles contre la direction du groupe Dynastar/Rossignol. En 2015, en effet, le conseil municipal avait voté en faveur du reclassement de parcelles appartenant au groupe. A l’époque, le conseil municipal s’était senti dans l’obligation d’accéder aux demandes de l’entreprise. Il s’agissait de faire rentrer de l’argent frais par la vente de ces terrains :

« On était obligé », rappelle aujourd’hui Georges Morand.

En 2015, le ton du débat était donné par la nécessité de sauvegarder l’emploi à Sallanches. « Si on aide pas Dynastar, ils finiront par partir », expliquait le maire face à une opposition qui émettait quelques doutes (par la voix du conseiller Pierre Giespert notamment).

« On a compris que Dynastar se foutait de nous »

Depuis, ces parcelles ont été cédées permettant l’agrandissement de l’usine Supermétal et la construction de logements… reste néanmoins une parcelle non utilisée. Dans le cadre de la révision PLU, il s’agit désormais d’empêcher la direction de tirer le maximum de ce terrain :

« Nous souhaitons reclasser cette parcelle en zone artisanale et industrielle. On a compris que Dynastar se foutait de nous », explique Georges Morand.

Et Christophe Jodar de souligner :

« Depuis ces reclassements de parcelles, il n’y a pas eu beaucoup d’investissements réalisés dans l’usine… J’ai l’impression qu’il s’agissait surtout de tirer un bénéfice. »

« Un véritable scandale ! »

Au cours du conseil municipal du 25 novembre, le maire Georges Morand a fortement exprimé sa colère contre la direction du groupe :

« La crise du COVID a bien servi certains… Tout le monde ne parle que de ça, tout le temps, partout… Cela permet de faire passer ce plan de licenciement scandaleux sans trop de remous. Car c’est un véritable scandale ! Je suis allé rencontrer la direction dans l’usine avec le député Martial Saddier et le conseiller régional Eric Fournier. Nous avons expliqué que nous pouvions débloquer des moyens pour les aider… Nous n’avons eu aucune réponse. »

Julien Berrier

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *