Sallanches : l’aérodrome fermé, on reparle restructuration des Ilettes

Sallanches : l’aérodrome fermé, on reparle restructuration des Ilettes

La fermeture de l’aérodrome désormais acté, il reste à savoir que faire du site. Le maire Georges Morand et son équipe ont quelques idées…

Mardi 22 septembre, le conseil municipal sallanchard, a voté le retour du terrain de l’aérodrome au stock des propriétés foncières détenue par la commune. Le site n’étant plus ouvert au public, cette délibération était attendue et n’a qu’un enjeu administratif; pourtant, la question a donné l’occasion d’un vif débat au sein du conseil.

Quelques semaines après la fin de la campagne municipale, le sujet reste donc polémique. Il se rattache au projet encore flou de la restructuration des Ilettes. Confrontée à un flot de rumeurs, la majorité a tenté de faire la preuve de ses bonnes intentions.

L’aérodrome, « un choix politique »

L’aérodrome est désormais fermé, son hangar démoli et sa piste neutralisée à défaut d’être détruite. « Elle ne sera pas détruite avant le printemps« , explique le maire. « Le sous-préfet m’a demandé de ne pas casser la piste avant la fin de l’année pour le cas d’un besoin urgent. Pour moi, l’argument de la sécurité des avions ne se justifie pas mais nous n’avons pas de raison de précipiter la démolition de la piste. » Si Georges Morand assure que la commune « n’a aucune obligation » de remplacement du site, tout ne semble pas si clair. A une question de son opposante Josée Serasset-Krempp (liste citoyenne) qui s’inquiète des obligations municipales, le maire doit reconnaître qu’il y en a au moins une : « J’ai pris l’engagement auprès du PGHM de leur mettre à disposition un terrain d’atterrissage pour leur hélicoptère. Ils ont besoin d’un second site en plus de celui de l’hôpital pour atterrir en cas de grosse catastrophe en montagne. On parle d’un carré de 45/45 mètres, ça se trouve. »

La fermeture de l’aérodrome inspire encore des regrets.

A l’heure de voter pour le déclassement du site de l’aérodrome, le maire Georges Morand a assuré une fois de plus que la fermeture de l’aérodrome procédait d’abord de l’obsolescence du hangar. Un argument réitéré qui agace ses opposants. « Démolir le hangar pour des raisons de sécurité, c’est une chose mais nous aurions pu imaginer un projet de développement sur ce site. Créer une école de formation pour des pilotes de drones, par exemple. Si vous avez choisi de fermer l’aérodrome c’est d’abord un choix politique« , a rappelé le conseiller d’opposition Ludovic Marangone (Sallanches : une équipe, un territoire). Une formule que Georges Morand n’a pas contesté : « Oui, c’est un projet politique et je l’assume. Je crois que les Sallanchards seront contents de récupérer 17 Ha de zone naturelle plutôt que de défendre l’activité de sept pilotes d’aéronefs qui ne sont même pas de Sallanches. Si vous ne l’avez pas compris, tant pis pour vous. » Au fond, le problème est bien résumé par la question du conseiller d’opposition Bruno Phillippin (liste citoyenne) : « Quel est votre projet pour cette zone ? »

Rumeurs, fantasmes et réalité (floue)

Si la restructuration de la zone des Ilettes est annoncée comme un projet prioritaire du mandat, le détail en est encore un peu flou. A tel point que les intentions de la majorité font l’objet de beaucoup de rumeurs et d’interprétations. « Nous n’avons aucun projet de construction. Il n’y aura ni hôtel, ni logements. Rien !« , a insisté Georges Morand devant des oppositions toujours un peu suspicieuses. Il faut avouer que sur les réseaux sociaux circulent des documents qui pourraient passer pour accablant pour la majorité. Un exemple avec un schéma issu du cabinet d’aménagement Somival sur lequel on voit apparaître un hôtel sur la zone des Ilettes. N’est-ce pas la preuve d’un projet caché et bétonnant ?

Le schéma qui laisse supposer la création d’un hôtel.

« Ce document est issu du travail d’un cabinet d’études que nous avions sollicité. Ce projet, nous ne l’avons pas retenu car il ne nous convenait pas. Nous travaillons aujourd’hui avec un nouveau cabinet qui doit nous proposer un projet plus en adéquation avec nos attentes« , précise Georges Morand qui n’attend pas d’avancée sur ce dossier avant « trois ou quatre mois. » Et d’insister: « Nous avons sollicité des professionnels de l’aménagement car on ne veut pas se louper. La volonté de notre équipe consiste à faire des Ilettes un lieu idyllique pour les Sallanchards. Le projet a encore le temps de mûrir. On ne va pas vous dire aujourd’hui « on va faire ça, on va mettre ça » parce qu’on veut se donner le temps. »

Une passerelle et quelques pistes

Une orientation d’ensemble est pourtant clairement identifiée avec comme point d’ancrage, la création d’une passerelle au-dessus de l’Arve permettant de détourner l’actuelle piste cyclable pour longer les Ilettes en bord de rivière. Une carte circule dans les couloirs de la mairie qui place cette passerelle à hauteur du terrain de l’ex-aérodrome. « On entrerait sur la piste cyclable à hauteur du rond-point de l’Europe puis on enjamberait l’Arve via la passerelle. Cela éviterait la traversée de Saint-Martin« , glisse Georges Morand. Convaincue par cette idée de base, la majorité achoppe pour l’heure sur la question du financement. Il faudrait trouver entre 15 et 20 millions d’euros et si la majorité compte sur l’appui financier du Département le dossier paraît délicat à traiter.

Où trouver 15 millions d’euros pour la passerelle ?

D’abord, parce que le Département a déjà contribué à la création de la voie verte incluse dans le projet de la véloroute « Du Léman au Mont-Blanc » (12 millions investis entre 2019 et 2022 sur les 90 km du tracé). En théorie, le travail est déjà fait et il faudra donc convaincre le Département d’y revenir pour financer une passerelle qui détourne en partie le tracé déjà réalisé…

La voie verte sallancharde avec vue sur les murs anti-bruits.

Ensuite, pour obtenir le financement du Département, il faut que la nouvelle piste cyclable corresponde aux critères de définition d’une voie verte tels qu’énoncés dans le cahier des charges appliqué au niveau national. Ce cahier des charges comprend des critères de dimension, de déclivité… et de revêtement. Il faut en effet que la voie reste roulante par tous temps et accessibles aux véhicules de secours ce qui laisse supposé un revêtement stable. Or, pas question pour la mairie de goudronner. A moins de trouver une astuce réglementaire, la commune pourrait se retrouver obligée de financer sur ses deniers le nouveau tracé.

Pêche et loisirs

Au-delà du tracé d’une nouvelle piste cyclable, le projet de la majorité englobe l’animation du site. Sur cette question, le maire et son équipe attendent la proposition du cabinet mandaté. Ceci dit, chacun cogite et quelques idées commencent à poindre. On évoque par exemple l’hypothèse d’un projet visant à « booster » l’activité pêche sur le premier lac ou encore la création d’une aire d’accueil pour camping-cars. Georges Morand reste évasif et réclame un peu de patience. Et de concéder en pointant le terrain de l’ex-aérodrome : « Pour tout dire, on songe peut-être à une construction mais ce serait seulement pour proposer un restaurant car cela nous semble attractif si nous parvenons à créer la passerelle. » Affaire à suivre, donc.

Julien Berrier

 

 

 

 

 

One thought on “Sallanches : l’aérodrome fermé, on reparle restructuration des Ilettes

  1. Ça y est l’aérodrome de Sallanches est donc fermé ! J’en suis très peiné, d’abord parce que partout où une piste disparait, une part de notre aviation se meurt … et les premiers qui s’en mordront les doigts sont les mêmes qui aujourd’hui sont responsables de la pollution de la vallée et n’imagine pas combien le moindre terrain d’aviation aura une importance capitale quand nos enfants circuleront bientôt de ville en ville en avion électrique. Un aménagement judicieux entre les uns et les autres aurait permis de conserver au moins la piste tout en contentant les habitants.
    Je vis sur la Côte d’Azur où la pression immobilière et les élus gourmands mènent aussi la chasse au moindre km2. Il y a quelques années, j’ai acheté un appartement à Passy, parce que j’aime la beauté de la montagne, la vue sur le Mont-Blanc, les randonnées, le ski, le para moteur, et le plaisir de venir en 3 axes (16 l/h de SP95 à 200km/h en ligne droite) plutôt qu’en voiture, pas moins polluante … et effectivement, une fois que l’on a plongé dans la vallée, plus rien pour se poser, il n’y aura plus d’échappatoire en cas de pépins en vol, il faudra trouver un champs praticable, ou bien se vacher sur l’autoroute dans le meilleur des cas. Pas cool tout ça ! Je viens de prendre ma retraite, j’espérais en profiter pour venir m’installer plus longuement … du coup je pense revendre et atterrir ailleurs. Dommage ! Gilles FONTAINE

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