Sallanches : trois antennes-relais pour déployer la 5G ?

Sallanches : trois antennes-relais pour déployer la 5G ?

Les opérateurs Free et Orange préparent l’implantation de trois antennes-relais pour permettre le déploiement de la 5G sur la commune. Dubitative sur l’impact sanitaire, la mairie cherche la parade…

A l’occasion du conseil municipal du mercredi 25 novembre, le maire Georges Morand a révélé que la commune a été informée de trois projets d’implantations d’antennes-relais permettant le déploiement de la 5G.

« Nous nous sommes opposés à l’implantation de ces trois antennes. L’une est prévue dans le secteur du stade, une autre dans la zone industrielle et la troisième relève d’un accord avec une copropriété. Aujourd’hui, on ne connaît pas précisément l’impact sanitaire du déploiement de ce réseau, c’est pourquoi nous nous sommes opposés. Mais il semble que le maire de Sallanches et son équipe n’ont pas la main sur ce dossier », a expliqué le maire Georges Morand.

Selon nos informations, il semble que des représentants de Free et Orange sont venus rencontrer les élus sallanchards il y a quelques mois. Adjoint à l’urbanisme, Thierry Sermet-Magdelain confirme :

« Deux opérateurs nous ont demandé un rendez-vous peu avant les élections. Ils venaient aux renseignements. Nous leur avons fait part de notre opposition et ils nous ont expliqué de manière très courtoise qu’ils attaqueraient alors la commune en justice et qu’ils gagneraient comme à Grenoble. »

L’exemple grenoblois

Un exemple de choix puisque depuis plusieurs années la commune grenobloise multiplie les initiatives pour empêcher l’installation d’antenne-relais sans obtenir de succès. A chaque fois, les autorités de l’Etat ont débouté la commune. En mai dernier, le maire grenoblois Eric Piolle a encore tenté de s’opposer à l’implantation d’antennes-relais 5G en refusant de délivrer les déclarations préalables de travaux déposées par les sociétés Cellnex et Hivory. La première « a été créé en juillet 2016 dans le cadre d’un premier accord de rachat de sites télécom Bouygues Telecom »; la seconde est une société du groupe Altice et se présente comme le « leader français des infrastructures de télécommunications ».

Sûres de leur bon droit, toutes les deux ont déposé des recours contre la décision grenobloise. Si la décision du tribunal administratif n’a pas encore été rendue, on peut en effet être sceptique sur les chances de la commune d’avoir gain de cause…

Le maire impuissant

Depuis l’implantation des premières antennes-relais, la législation est des plus stable. Les autorités de l’Etat sont les seules compétentes pour autoriser et interdire l’implantation. Le maire n’a qu’un droit d’information. Ses seules marges de manoeuvres reposent sur les règlements d’urbanisme (le plan local d’urbanisme – PLU) et elles sont très réduites. Si la construction est inférieure ou égale à 12 mètres, impossible de l’interdire. Et dans le cas contraire, la commune pourrait arguer, par exemple, d’une contrainte esthétique mais le constructeur pourra toujours décaler son implantation de quelques centaines de mètres.

Enfin, la commune n’a pas grand pouvoir si l’implantation se fait en accord avec une copropriété. C’est justement le cas de l’un des projets sallanchards :

« Les opérateurs nous ont dit que dans ce cas ils ne rencontraient pas d’opposition compte tenu de la redevance versée à la copropriété », note Thierry Sermet-Magdelain.

Une question de priorité

Surtout, le déploiement de la 5G est érigée en priorité stratégique nationale par le Président Macron lui-même qui a fustigé « les Amish » qui s’y opposent. L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP) explique ainsi l’utilité du déploiement :

« Dans le domaine de la santé, par exemple, la gestion des équipements médicaux dans l’hôpital, la télémédecine ou encore la prévention de maladies chroniques figurent parmi les applications envisagées de la 5G. Dans le domaine des transports, de nombreuses applications sont également envisagées, comme par exemple les navettes autonomes, la gestion du trafic de véhicules (ex pour le transport routier : autoriser un suivi de près des camions, ce qui permet entre autres de réduire la consommation énergétique associée), ou encore le pilotage à distance de véhicule pour des interventions en zone sensible. »

Au niveau européen, on appuie aussi fortement le déploiement de la 5G en facilitant autant que possible l’implantation des antennes. Pour le commissaire au marché intérieur Thierry Breton :

«Les réseaux 5G sans fil sont un pilier du développement socio-économique de l’Europecar ils permettront de nouveaux services dans les domaines de la santé et des soins, de l’énergie, des transports, de l’éducation et dans de nombreux autres secteurs. Leur importance est encore plus manifeste aujourd’hui, car ils sont appelés à jouer un rôle clé dans la relance après la crise du coronavirus. De concert avec les États membres, nous devons préparer le déploiement rapide de la 5G, sans barrières administratives, ce qui engendrera une forte demande de la part de notre industrie et renforcera l’innovation et la compétitivité européennes.»

La nouvelle réglementation européenne sur le sujet adoptée en juin vise ainsi « à simplifier et à accélérer les installations de réseau 5G, qui devraient être facilitées par un régime de déploiement non soumis à autorisation mais assorti d’une surveillance par les autorités nationales. »

Julien Berrier

 

 

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